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ALASKAN TEAM : RANDO CHIENS DE TRAINEAU PYRENEES ET RAIDS EN SUEDE

Récit du G.R.P. 2010

31 Août 2010 , Rédigé par françois PAGNOUX Publié dans #trail

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Après les conseils des « P’tits Bretons » pour la préparation de l'avant course, j'ai mis 2 réveils mais inutile car j'ai dormi 2h00 au plus. Debout à 2h30 le vendredi 27 août, je mange un gâteau sport, de la compote de pomme et des céréales et avale un thé ; me prépare et arrive vers 4h30 à Vielle Aure où j'attends les 2 Eric pour faire le début de course ensemble.

 

5h02 c'est le départ, il fait doux (15°). Devant, les cadors partent très vite. Au bout de 20mn, je sens des picotements aux talons. Ca commence mal, j'ai 2 ampoules qui se forment avant le col du Portet. J'appelle à la maison pour qu'on m'apporte à Artigues  une nouvelle paire de chaussures, chaussettes, pansements et élasto.

A Artigues (Km 29) mauvaise gestion : j’accélère et descends plus vite pour rattraper le temps que je vais perdre à me faire soigner. Les 2 Eric m'attendent pour monter au Pic du Midi (1700m de D+). Je repars donc sans avoir mangé ni bu, mais les poches pleines et 1 bouteille en plus à la main. Je pense manger en montant. 30mn plus tard, je n'avance plus et vais gérer jusqu'au col où toute la famille est là. Ils voient de suite que ça ne va pas. Je bois 1 L de St Yorre, du coca, 1 sandwich jambon fromage, un gel coup de fouet. Je repars avec les bâtons de rando de Laurence. On monte tout les 4, ça fait du bien de les voir me soutenir, ça va mieux. Paradoxalement, je reprends des forces en arrivant au Pic du Midi (km 40 et déjà 3700m de D+). Il est 12h13, je suis 56ème.

Je descends cool, me ravitaille au col et ça repart. On enchaine 3 cols, il fait moins chaud. L'anglaise qui va gagner en féminine me double, elle monte comme un isard. Il y a des mecs partout qui s'arrêtent à cause des crampes, certains trempent les jambes dans le lac Bleu. Pour moi, tout va bien. Les voyants sont tous au vert, je me fais plaisir, je double un belge qui a du mal dans les descentes.

J'arrive à Hautacam dans le brouillard (visibilité 10 m). On doit chercher les balises espacées pourtant de 30 m et  crier pour donner notre position et retrouver le chemin.

Km 63 à 16h06, je suis 49ème. Je repars vite après le ravito pour rejoindre la base de vie de Villelongue. Ce n’est que de la descente, je double l'anglaise qui a du se perdre dans le brouillard, je lui indique la direction .

 

KM 74 Villelongue, il est 17h22, je suis 43ème. Quand j'arrive, Pierre m'attend avant le village. Jai droit a un sandwich au saumon/chèvre, une banane. Les bénévoles sont super accueillants. Je repars 36ème à 17h34, un adieu à la famille qui me retrouvera demain aux Merlans, je ne sais pas encore dans quel état.

 

Maintenant, encore un gros morceau jusqu'au col de Contente (1700m de D+). Je rencontre Benoit de Bayonne, on fait la montée ensemble, en parlant  le temps passe plus vite. Je vais le laisser avant le col car il ne peux pas descendre, il mettra 3h00 pour descendre à Cauterets. J'allume la lampe en passant le col, puis descends sur Cauterets où j'arrive 37ème à 22h50. J'ai fait 99 kms, 6200m de D+, 17h50 que je suis en course. Je mange mon sandwich au saumon/chèvre, une soupe, le plein des bidons et je repars un autre sandwich à la main. Il y a du monde devant la Mairie pour encourager les coureurs qui arrivent et qui partent.

 

La nuit est belle, la lune éclaire bien, la montée au col de Riou est facile. 1000m de D+. On voit les petites lumières de ceux qui descendent sur Cauterets. J'y vais doucement car je sais qu'il faut que j'assure jusqu'à Luz St Sauveur. Je passe le col et j'arrive au ravito sur le parking d'Aulian. Il est 1h47 je suis 41ème.

Je vous indique toujours le classement pour donner un repère sur l'état de forme mais pour moi le classement importe peu, je veux arriver à Vielle Aure.

                A Aulian, je me ravitaille et je rejoins Michel, un belge qui n'est pas habitué à la montagne. Il me laisse passer devant et va me suivre jusqu'a Tournaboup. C'est un grand habitué des courses de longues distances, il est très fort sur des 24h00 et des 100km sur route mais pas sur des sentiers escarpés comme ici. C'est le passage le plus technique, il n'y a pas de sentier, juste un chemin de chèvres pratiquement jusqu'à Luz. Cette portion a fait des dégâts, presque tous avons attrapé des ampoules. J'en ai tout autour du talon, mon compagnon de route en a partout. On arrive ensemble à Luz à 3h50, je suis 39ème. Je récupère mon sac d'assistance, change de chaussures et me ravitaille. 

Je repars 34ème à 4h10.

 

Il reste 40 kms. Pour moi, c'est gagné, rien ne peut m'empêcher de rentrer à la "maison". J'emmène Michel jusqu'à Tournaboup en 2h40. Il ferme les yeux 1 pas sur 2. Il veut dormir au ravito mais il n'y a rien. Moi, je n'ai pas envie de dormir et pourtant !!!

                Il repart avec un autre coureur. Je pars en suivant,  juste le temps de me faire soigner les ampoules par l'infirmier mais je ne les reverrais pas. C'est moi qui vais avoir une défaillance. Alors que j'étais bien, en 10 mn, tout bascule. Je n'avance pas avec ce mal aux pieds. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, je me traîne jusqu'au col de Barèges. Je sais que je vais finir mais je ne sais pas comment et en combien de temps. Je ne peux pas courir en descendant, j'ai les quadriceps qui ne répondent plus.

 

J'arrive aux Merlans à 11h55, la famille m'attend. Ca ne va pas fort. J'ai grimpé 10000m de D+ et il me reste 1500m de D- à descendre. Je mange , je bois et j'ai une riche idée en m'allongeant sur un banc où je dors 5 mn. E me relevant, ça va mieux. En fait, mon cerveau voulait dormir un peu et m'empêchait d'avancer.  

Pierre m'accompagne pour la descente qui est longue de 11kms. Je me force à trottiner pour étirer les muscles qui sont complètement noués. Il fait très chaud et la pente est raide pour finir. Une dizaine de concurrents me dépassent à quelques kilomètres de la ligne.

 

J'arrive à Vielle Aure où je suis accueilli comme le premier valléen a finir cette course depuis sa création. J'ai droit au speaker pour 3 ou 4 questions au micro, puis aux félicitations de la conseillère générale. Enfin les amis qui m'attendent et la famille en admiration devant leur papa qui a fait un truc énorme, ils en sont bien conscients en m'ayant suivi en voiture sur 1/3 du parcours.

 

J'ai atteint mon objectif en 33h28'39'', 48ème au classement général, 26ème en vétéran1.

Sur 760 partant, seulement 370 sont arrivés.

Un des 2 Eric du début de course termine 6éme au général et 3ème en V1. C'était mon  « coach » durant toute cette préparation.

 

Pour  rassurer tout le monde, le trail n'est pas pratiqué par des inconscients qui cherchent à se faire mal. Il y a certainement moins d'accidents que dans d'autres sports. Ce n'est pas un sport violent, le vainqueur a fait une moyenne de 6 km/h.

J'ai simplement des ampoules aux talons et quelques contractures aux quadriceps et aux mollets disparues au bout de 24h00.

 

Je remercie tout ceux qui m'ont soutenu et cru en moi.

 

L'aventure n'est pas finie, il y aura d'autres trails et d'autres courses en traîneau.

 

A suivre...

               

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Serge Métier 03/09/2010 15:34



bravo bravo bravo.


De mon coté si la course d'Ammarnäs est annulée, je n'irai pas cette année là haut.Je viens de refaire des saillies, mais encore une fois je pense que c'est raté. Je dois avoir un problème chez
les femelles car ça marche jamais. Pourtant j'ai un super mâle (speedy)avec qui je voudrais poursuivre la lignée. mais bon, pas de chance.



sam 31/08/2010 22:10



Grand respect pour cet exploit!!  marina et sam



françois PAGNOUX 02/09/2010 13:27



Ce n'est que le début de carrière du courreur