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ALASKAN TEAM : RANDO CHIENS DE TRAINEAU PYRENEES ET RAIDS EN SUEDE

Finnmarkslopet 2013

24 Mars 2013 , Rédigé par françois PAGNOUX Publié dans #finnmarkslopet 2013

 

  Arrivée 2   La Finnmarkslopet 500 2013 en chiffre aura été pour Alaskan Team :

 

1   comme 1er attelage français à présenter deux teams sur la FL

2   comme 2ème femme française pour Cécile à franchir la ligne d'arrivée de la course de traîneau la plus longue au monde en 8 chiens

3   comme le nombre d'heures de parking sur le plateau entre Jotka et Alta

7   comme le nombre de chiens sur chaque attelage sur la ligne d'arrivée

8   comme le nombre de chiens sur chaque attelage sur la ligne de départ

9  comme la note (sur 10) que l'on donnerait à nos 2 handlers pour nous avoir si bien bichonnés

– 35° la dernière nuit

70 heures de course dont 42 heures sur la piste et 28 heures au check-point

 

        Mais c’est aussi et surtout une aventure à deux teams soit 16 chiens, 2 mushers et 2 handlers sur la ligne de départ d’Alta ce samedi 9 mars 2013.

 

        Dossard 14, Cécile part en première. Comment laisser partir mes chiens, et quand bien même avec mon fidèle handler, sans y assister ? Mon départ étant prévu 30 mn après elle, je bottine tous mes chiens, mets les harnais pour que tout soit prêt, l’accompagne jusqu’au départ et la regarde partir avec émotion. Je repars au pas de course sur le parking pour mettre mes chiens à l’attelage et me voilà pour la seconde fois sous cette arche à Alta. Le temps est changeant mais clément. Cécile a prévu de m'attendre au premier point de contrôle à Jotka, à 50kms. La piste est roulante, j’avale les kilomètres à vive allure et me retrouve 3 heures après à Jotka où Cécile m’attend depuis 20mn. Nous repartons aussitôt préférant snacker les chiens plus loin de ce premier point de contrôle où tous les concurrents se succèdent dans une ronde infernale.

        Nous traversons alors un plateau où le vent forci sensiblement jusqu’à la tombée de la nuit. En début de soirée, nous commençons notre descente sur la vallée et le second point de contrôle, Skoganvarre. Nous installons les chiens pour leur premier arrêt qui durera 5h et nous accordons un bon plat chaud et une heure et demi de sieste dans une salle commune chauffée. Nous reprenons la route vers 1h30 du matin pour 80 kms de plateau où sévit une tempête de neige. La très faible visibilité nous empêche une progression régulière d’autant que le vent recouvre la piste quasi instantanément. Jervy, fidèle à lui-même, ne se laisse pas déstabiliser et reste concentré. Les jeunes, qui n’ont encore jamais connu le gros mauvais temps en Scandinavie, semblent imperturbables. Au petit matin, le vent se calme et nous redescendons sur Levajok pour le 3ème check-point.

 arrivée Levajok     Cécile doit charger Lingon dans son traineau à cause d’une boiterie à l’épaule 10 kms avant d’arriver. Les chiens semblent en meilleure forme que l’an dernier à ce même point et Singi (la chienne de tête de Cécile) commence à montrer des signes de chaleur avancés, ce qui ne simplifiera pas les choses. Nous nous accordons une bonne pause, surtout pour ménager les jeunes qui découvrent cet univers et repartons juste avant la tombée de la nuit pour 80 kms de rivière. A l’inverse des deux dernières étapes, la piste est très roulante et nous progressons à un rythme très soutenu. Google, qui remplace Luokta suite à une blessure de dernière minute, n’arrive pas à suivre cette cadence et freine sans arrêt, si bien que je suis obligé de le charger dans le traineau. Nous arrivons à Karasjok plus tôt que prévu et accordons aux chiens une bonne nuit de repis et à nous 3h30 de sommeil, une grasse mat ! Nous avons alors parcouru 270 kms, soit un peu plus de la moitié. Départ au lever du jour pour attaquer incontestablement la plus belle étape de la course sous un soleil magnifique. Rejoindre Jergul est un vrai moment de plaisir : les chiens sont bien, le temps est magnifique, les paysages somptueux. Depuis deux étapes, nous remontons tranquillement quelques attelages. Jergul marque le dernier point de contrôle où nos handlers nous bichonnent (bons petits plats, points chauds où dormir, …). Après, c’est la dernière étape, 120 kms. Même si Jotka figure comme un check-point, personne ne s’y arrête car rien n’y est prévu et ce plateau vanté n’incite pas à une pause. Nous repartons la nuit juste tombée et nous sentons très rapidement qu’elle va être fraiche, très fraiche. Suivre la rivière et traverser des lacs ne vont pas arranger les choses et nous fleurtons avec un petit -35° sur 5h de piste. Nous retrouvons une température plus clémente (-20°) en remontant sur le plateau où nous signons la feuille à Jotka et repartons aussitôt. Les chiens filent toujours à vive allure (13.5kms/h) depuis le départ de Jergul malgré le froid. Ils semblent en pleine forme et rien ne nous incite à les arrêter à part pour les snacker.

 

 arrivée Karasjok     Pourtant, très soudainement, 15 kms après Jotka, alors que cette allure effrénée ne faiblit pas, Minky, sur l’attelage de Cécile, cherche à s’arrêter et nous signifie une boiterie. Nous décidons de le charger dans son traineau et repartir pour les 35 kms restants, soit une descente de 20 kms puis la rivière. Les 5 minutes nécessaires pour installer Minky au chaud sont fatales pour le mental des jeunes de l’attelage de Cécile qui ne veulent plus repartir. Ils sont assis et se bloquent. Je fais donc passer mon attelage devant pour que Jervy prenne le relais et stimule les autres, sachant pour l’avoir fait l’an dernier, que nous sommes presque au bout. Il passe certes devant mais s’arrête à son tour, s’assoie, se retourne et nous fait comprendre que pour l’heure, ça s’arrête ici, que tout le monde a besoin de repos. Grève générale à laquelle nous nous plions sans rechigner, la cadence était très intense, les jeunes n’en pouvaient plus. Nous sommes donc bon pour faire du parking, comme on dit dans notre jargon. Première fois que cela m’arrive, il faut bien un début à tout. Je regrette juste de leur imposer ça sans manteau pour les protéger. Nous nous mettons donc au chaud dans nos duvets en attendant le lever du jour pour aviser. Deux heures plus tard, aucun chien ne semble vouloir montrer signe de vie et décidons d’attendre 8h avant de prendre une quelconque décision.

parkingA 7h30, alors que nous sommes dans l’incertitude sur l’avenir, nous distinguons au loin deux attelages qui avancent au pas et pour cause, le musher du premier attelage marche devant en tirant ses chiens. Une aubaine pour remotiver les nôtres, les relancer sur la piste. Les chiens rentrent vite dans le jeu, se réveillent, s’ébrouent et finalement s’excitent à leurs arrivées. Nous rattelons vite afin d’être prêt à leur passage. Leurs chiens sont fatigués et n'ont plus la force de relancer. Les nôtres ayant eu 3 heures de repos, je décide de prendre les choses en main, de passer devant, de tracter tout ce beau monde et de donner le tempo. Et tout s’enchaine avec un soulagement pour tous : nous de repartir, eux de ne pas finir à pied les 35 derniers kms.    

      Les chiens repartent et prennent du plaisir, pas démesurés mais quand même. Les anciens savent que nous ne sommes pas loin et les jeunes leurs font confiance. Ils avancent sans se poser de question. Nous parcourons donc ces derniers kms à 10/12kms à l’heure et c’est avec bonheur que nous apercevons Alta. Le soulagement se fait sentir, les jeunes ont été à la hauteur et ont tenu jusqu’au bout avec bravoure. L’arrivée à Alta est toujours un moment très intense et fort avec les chiens et cette année n’a pas failli.

 

Arrivée 3        Bravo à Cécile d'avoir su mener l'attelage tout au long de ces 3 jours avec assurance dans des conditions climatiques assez difficiles. Sa connaissance de mes chiens et du grand nord scandinave n'enlève rien au travail réalisé et sa préparation physique en amont lui a permis de tenir ses trois jours et nuits dans de bonnes conditions.

 

               Je suis bien sûr et comme toujours très fier d’eux et fier d’avoir deux attelages sur la ligne d’arrivée. Les jeunes se sont admirablement comportés, tout au long de la course. Ils faisaient confiance au reste du team et restaient en traction continuellement (excepté Mika qui a fait une belle balade !).

      Je remercie bien sûr Cécile, mais aussi nos deux handlers, Samuel Etourneau et Emmanuel Aufauvre, pour s’être si bien (pré)occupé de notre confort sur les check-points et des 9 chiens qui restaient au camion. Ces aspects là sont tout aussi importants pour mener une course dans un contexte optimum et ainsi minimiser la fatigue.

 

      Merci également à nos fidèles parrains qui nous ont envoyés d’innombrables textos de soutien et d’encouragements durant la course.    

      Merci à tous nos sponsors de croire en nous : le Conseil Général des Hautes Pyrénées et l'Office Départemental des Sports ; Royal Canin ; les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et Boehringer Ingelhiem ainsi que des commerçants de Nasbinals.

     Encore merci à tous de croire en nous et de nous suivre. Merci enfin à Laurence, Lisa et Pierre d’être là et de veiller sur les chiens qui restent à la maison.

 

 

      La F.L. 1000 pour 2014 devient donc l’objectif ultime à atteindre, même s’il reste encore un énorme travail à accomplir, même si ce projet est encore d’une toute autre envergure.

Arrivée  controle véto

Dépot CP3 teams français

jergul jergul 2

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roro 29/03/2013 10:30


quelle émotion, quel super récit ! quelle aventure !


bravo à tous, canins et humains !


merci de ce partage époustouflant ...


à bientot de suivre vos entrainements, vos courses d'entrainement, ... et vivement l'année prochaine pour suivre la FL1000 ...!!!

carre Jean-luc 24/03/2013 19:32


Quel beau récit , d'une épreuve magnifique celà fait vibrer , celà fait envi , pour des chiens qui bossent et en sus font de la compétition de haut niveau , chapeau!!! Cécile doit être heureuse
et fait partie des rares femmes ayant terminée une telle épreuve , pour toi François belle consécration avec deux attelages à l'arrivée . Avec vos deux supers handlers vous avez passé des moments
qui marquent une vie . Il ne reste plus qu'à mettre le couvert pour la 1000 de 2014, bonne continuation à tous / J-luc et Andrée