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ALASKAN TEAM : RANDO CHIENS DE TRAINEAU PYRENEES ET RAIDS EN SUEDE

Bilan de la F.L. 1000

25 Mars 2014 , Rédigé par françois PAGNOUX

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     Ce n'était pas l'année pour se tester sur cette course mythique qu'est la FL 1000. Les conditions climatiques assez exceptionnelles à cette saison pour cette région du monde (T° presque toujours positives, pluies fréquentes, pistes verglacées et vents forts) ont, dès les premières heures, compliqué la course.

 

 

 

        Après une nuit de pluie juste avant le départ, nous avons eu tout loisir de patauger dans l'eau jusqu'à la restart et de prendre ce second départ ... sous la pluie.

        Alors que la montée sur les plateaux nous garantissait une meilleure piste et une petite neige humide, un vent très violent à 125km/h (avec des pointes à 150km/h) s'est levé très soudainement entre Jotka et Skoganvarre. Grace à Jervy, j'ai pu me sortir de justesse du mauvais temps mais je fus le dernier à forcer le passage, tous les autres attelages derrière moi étant contraints de faire 5 à 7 heures de parking en pleine tempête, y compris Roger Dalh qui connait pourtant parfaitement puisque ces pistes sont son terrain de jeu quotidien et qu'il en est à plus de 25 FL. Tous ceux qui ont été bloqué ont qualifié cela d'enfer. Pour ma part, je n'ai jamais connu une tempête d'une telle violence et je dois mon salut à Jervy qui est définitivement mon meilleur chien de tête quelque soit les conditions (le digne successeur de Black Pepper) et à mon GPS. J'ai donc accordé une belle pause aux chiens pour laisser passer ce gros mauvais temps.

            Dès mon départ de Skoganvarre, j'ai senti que ce serait une année sans : sans  entrain et sans gaîté ; sans ce grand plaisir qui vous tient et vous anime. Très vite, je le vois, les chiens ne rentrent pas dans la course, ne prennent pas le plaisir que l'on doit prendre pour repousser les limites que demandent une telle course. Même leurs rythmes en témoignent : ils ne dépassent pas les 10 à 12kms/h alors que l'an dernier, sur les mêmes pistes, nous étions à 13,5 kms/h.

         Je rentre sur Levajok perplexe par ce début de course et préfère retirer Marvin qui peine à suivre, la tempête l'a un peu éprouvé. Coup dur à ce check point où, en raison des routes également transformées en patinoire, le 4*4 et la remorque ont fait une embardée périlleuse et on doit trouver des pneus clous pour pouvoir continuer la course. Je décide à nouveau d'accorder une longue pause et repars pour une étape de nuit.

         A Tana, toujours le même constat que je partage maintenant avec mes chiens : nous ne nous faisons pas plaisir sur ces pistes verglacées, sous cette pluie, ... Je retire Saggat qui commence à montrer des signes de faiblesse. C'est sa première course, pas la peine de lui laisser cette vision et de le dégouter alors que je sais maintenant que nous ne finirons pas. La piste est dure et donc traumatisante pour les poignets et les épaules des chiens. Nous allons rejoindre Kirkenes, ce check-point si symbolique car frontalier avec la Russie ; nous aviserons à ce moment.

        Rejoindre Neiden I se fait à nouveau sous la pluie et le vent. Nous n'y faisons plus attention tellement c'est notre quotidien depuis le départ. Nous prenons nos 16 heures de repos obligatoires à ce CP et le soleil apparait enfin au petit matin, juste pour quelques heures. Les chiens vont physiquement bien, hormis Singi que je retire pour des contractures aux pattes avant.

       Je repars de Neiden 1 pour Kirkenes quand Sigrid Ekran entre à Neiden 2. Luokta commence à bloquer dans les descentes verglacées. Ce check-point, situé en plein centre ville, nous oblige à traverser des faubourgs interminables en pleine nuit.

        Dès l'arrivée, je demande aux vétos de procéder au Vet mandatory, un check complet de tous les chiens et là, coup de barre, 7 des 11 chiens souffrent de petites liaisons ou traumatismes aux poignets, épaules et cervicales, certes bénins pour l'heure. Rien de grave et sérieux mais tous semblent accuser le coup d'une piste trop dure au fil des heures.

 

        Et voilà que le spectre d'il y a 7 ans ressurgi : peut-on continuer la course et travailler une petite semaine après sur les séjours en Suède sans risque pour les chiens ?

        Le team a fait la moitié de la course, soit l'équivalent de la FL 500. Mais pour la première fois depuis 2007, les chiens n'ont pas réussi à entrer dans le "jeu", n'étaient pas dans la course. Même moi, je ne me suis pas fait forcément plaisir et ne profite d'aucun paysage, toutes mes étapes étant de nuit.

       C'est en partant de tous ces constats qu'après deux heures de repos, je décide d'arrêter là : le plaisir de tout le team doit rester un des objectifs incontournables. Si en plus, alors qu'il reste encore 500 kms de course et un mois et demi de travail aux chiens juste après, des petits traumatismes apparaissent, je ne suis pas prêt de payer ce prix là pour finir.

       Il est clair que presque tous les attelages sont constitués de chiens exclusivement entrainés et « réservés » pour les courses et leur temps de convalescence est tout autre, ce qui n’est pas le cas de ma meute. Il faut donc composer.

 

      Quoiqu'il en soit, en dehors des conditions d'enneigement et météorologique, il y a quelque chose qui n'a pas "pris" cette année. Certainement une combinaison de facteurs que j'arrive à identifier en partie mais ceci reste un peu obscur pour l'heure.

      Une chose est sûre : cette course mérite un mois d'entrainement au minimum en Suède en amont pour familiariser les chiens aux « rituels » des check-points et aux longues étapes répétitives. Mon mode de fonctionnement actuel en France ne me permet donc pas de dépasser les 500/600 kms.

      Enfin, côté chiens, 4 très bons chiens ont 7 ans et demi et je ne pense pas qu'ils seraient ravis de recommencer cela dans un an. La portée de Mavas a bien assuré mais le fait qu'ils picorent la nourriture et ne boivent pas d'eau laissent place à des micros traumatismes passés 500 kms.

      Il est donc évident que je ne pourrais me représenter sur la FL 1000 avant 4 à 5 ans, avant d’avoir renouveler ma meute sur de nouvelles bases.

      Cette course m’a permis de voir les aspects à travailler plus en amont pour passer à l’étape supérieure. De plus, le fait d’avoir pu prendre le temps d’observer les premiers à Levajok et Karasjok et discuter plus longuement avec les vétérinaires m’a permis de mesurer quelques points à améliorer.

 

         Seuls 19 attelages sur 54 concurrents ont franchi la ligne d’arrivée (soit 37%) ce qui témoigne en partie des conditions de course cette année et seuls deux attelages ont fini avec 10 et 11 chiens, tous les autres en ayant que 6 à 8 maximum (avec une grande majorité de 6 chiens, le nombre limite pour continuer).

 

       Je finirai par les traditionnels mais sincères remerciements.

       Tout d’abord à mes trois handlers, Cécile, Natacha et Tristan qui ne se sont vraiment pas amusés avec le camion et la remorque sur la route, sans compter les chiens qui attendaient assez patiemment.

       Merci à nos parrains qui nous ont suivi de façon assidu par SMS (c’est quand même le plus pratique) et sincèrement merci pour tous vos innombrables messages d’encouragements et de soutien.

FL-1000-2014-002.JPG         Je n’oublierai pas mes sponsors : Le Conseil Général des Hautes Pyrénées et l’Office Départementale des Sports qui me soutiennent fortement depuis deux ans ; et Sud Croquettes, mon nouveau partenaire en alimentation canine. Je suis vraiment très satisfait des croquettes Bewe Dog en situation course. Les chiens n’ont pas perdu, hormis 3 (sur 14 !) qui sont toujours de nature très sec. Un détail enfin mais qui n’en est pas un en course : leurs gamelles en plastique pliables sont vraiment pratiques. Bien qu’un peu petites pour les gros mangeurs, elles se plient très facilement et rapidement même dans la neige et le gel, sont très légères et compactes et se rangent donc toutes dans le cooker.

 

Encore merci pour votre soutien et l’intérêt que vous portez à nos chiens.

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carre Jean-luc 26/03/2014 07:25


Félicitations François et toute l'équipe de handlers et ceux restés à Font-Romeu , Toutes les courses au delà de 500 km demandent un entrainement spécifique , un attelage unique qui se prépare
quasiment que pour ce type de course , il faut être installé comme JP PONTIER en pays Nordique pour pouvoir y prétendre sauf exception. L'analyse de ta course présente bien toutes les difficultés
a résoudre pour un tel projet . Ta décision de te représenter dans quelques années montre d'une part ta détermination et d'autre part le grand respect que tu as pour tes chiens ...... Bisous à
tout le monde Jean-Luc et Andrée.

beaussart martial 25/03/2014 20:32


 il est claire qu'e l'envie y était;;;;pas les conditions, sage décision !!!